
Vous souhaitez savoir ce que PingKi HOUANG pense de l’internationalisation via internet? Cliquez sur la vidéo ci-dessus.
Entretien avec PingKi HOUANG, VP Sales & Marketing, PIXMANIA
Après avoir travaillé à la FNAC pendant quelques années, PingKi HOUANG a rejoint Pixmania dès le début de l’aventure, participant à l’histoire de la belle réussite d’un des leaders européens du e-commerce. Aujourd’hui Pixmania réalise un chiffre d’affaires de près d’un milliard d’euros dont 60% à l’export en Europe. Chez Pixmania, Mr. HOUANG a rempli diverses fonctions, passant par les ressources humaines et la communication, directeur exécutif et COO, pour devenir le VP Sales & Marketing de la nouvelle plateforme e-merchant de Pixmania, ciblant les gros e-commerçants.
Quelles sont vos expertises personnelles :
PKH : E-commerce, électronique grand public, marketing et retail de par mon expérience à la FNAC.
Quelle est l’expertise de Pixmania :
PKH : Electronique grand public et e-commerce. Nous avons commencé par le B to C et nous faisons aussi du B to B grâce à notre expérience européenne acquise dès les débuts du web. Aujourd’hui, Pixmania compte 1400 employés principalement en France. Nous avons ouvert un deuxième siège européen en République Czech suite au constat de la formidable opportunité dans le domaine de l’e-commerce en Europe de l’Est.
Parlez-nous de votre entreprise?
PKH : L’histoire de Pixmania, n’est pas celle que l’on connait actuellement. Elle a commencé en 2000 en offrant un service de stockage et de tirages photos en ligne. Pendant un an il ne s’est rien passé, nous étions trop précurseurs ! L’équipement en haut débit et en appareils photo numérique n’était pas encore installé. Il fallait donc d’abord équiper les foyers pour pouvoir offrir ce type de service. Pixmania s’est donc lancé dans la vente d’appareils photos numériques. Ce type de produit présentait une opportunité pour une internationalisation rapide, grâce à la taille des produits et aux bas coûts de livraisons, la possibilité de livrer rapidement et de plus, les notices étaient déjà traduites dans la majorité des langues européennes.
Pixmania a commencé comme pure player. Aujourd’hui, nous sommes dans une phase de transition. Nous croyons au multi-canal et c’est pour cela que nous avons ouvert 17 magasins en Europe, qui, au départ étaient des points de retraits de marchandise. Nous estimons que la part de marché online pour les produits d’Electronique Grand Public atteindra au maximum 25%. Dans le textile, cela descend même à 10%-15% de part de marché. Grâce aux points de vente, nous augmentons notre marché potentiel.
Combien de temps après sa création, Pixmania a choisi d’exporter ses produits ou services et pourquoi ?
PKH : C’est par hasard et surtout grâce aux opportunités produits précisées précédemment que Pixmania a rapidement choisi de s’exporter à l’étranger. Au bout de 7 mois, nous avons commencé à vendre en Allemagne et en Angleterre guidé par les forts taux de pénétration d’internet dans ces 2 pays.
Ensuite, nous nous sommes implantés dans le sud de l’Europe avec l’Espagne, le Portugal et l’Italie. En 18 mois, nous vendions dans 24 pays.
Comme les produits vendus sur Pixmania ont une faible marge, après la diversification géographique, nous avons diversifié nos produits et nous nous sommes aussi lancé dans les services aux entreprises à travers les plateformes pixmania pro et e-merchant.
La croissance de Pixmania a toujours été organique à une exception près : nous avons racheté Webhallen en 2005, un important site suédois de produits culturels et jeux vidéos.
Selon vous, quels sont les freins principaux pour se développer à l’international ?
PKH : La connaissance des lois et taxes. En Europe il y 27 pays, 27 taxes et 27 lois de protection du consommateur. Il faut bien mesurer le retour sur investissement et en combien de temps vous allez pouvoir faire des bénéfices.
Les autres freins principaux correspondent à la logistique et la GRC (Gestion de la Relation Client).
Aussi, il ne faut pas se tromper sur les moyens de paiements. En Europe de l’Est, 75% des internautes paient comptant au moment de la livraison. Nous avions retiré cette option pendant un certain temps puisque les européens de l’Est avaient tendance à commander le même produit sur plusieurs sites et à refuser les livraisons les plus tardives, générant un surcout évident de traitement. Maintenant, nous remettons le paiement comptant en place pour respecter les préférences clients.
Selon vous, quels sont les nouveaux freins créés par internet pour s’internationaliser?
PKH : Il n’y en a pas vraiment.
Selon vous, quels sont les atouts majeurs d’internet pour se développer à l’international ?
PKH : La facilité d’être visible à l’international, de gérer le trafic, d’ouvrir un pays de son siège.
Parmi les leviers améliorant la visibilité web, lequel vous paraît crucial ?
PKH : C’est une question de taille et d’équilibre entre les différents leviers. Pixmania a 50% de trafic naturel comme la marque est connue : les gens tapent le nom PIXMANIA dans les moteurs de recherche.
Parmi les leviers améliorant la visibilité web, lesquels utilisez-vous dans votre domaine?
PKH : Nous utilisons tous les leviers : référencement naturel, liens sponsorisés, e-pub, affiliation, ergonomie de site, comparateurs de prix, branded content, réseaux sociaux et nous sommes en train de développer des outils de mobilité. Ce qu’il faut savoir c’est qu’aujourd’hui, les applis génèrent très peu de chiffre d’affaires, mais que les sites mobiles vont bien sûr représenter une part significative dans les années à venir.
Comment utilisez-vous les réseaux sociaux dans le cadre de votre développement à l’international ?
PKH : Au départ, notre stratégie sur les réseaux sociaux était plutôt défensive, à savoir que nous répondions principalement aux litiges des internautes. Aujourd’hui, nous sommes présents sur twitter, facebook, avons notre propre blog et une équipe dédiée qui anime la communauté et veille à l’e-réputation du site pixmania.com.
CC : Il y a 2 points intéressants à noter :
1 ) En janvier, Pixmania a gagné le prix E-marketing Awards 2011 de la meilleure stratégie communautaire et donc à terme, la stratégie défensive du départ à évoluée au point d’être primée meilleure de France.
2) En partenariat avec Leetchi.com, Pixmania a développé une appli Facebook appelée Cadeau Commun par Pixmania, qui permet de créer une cagnotte où les amis donnent leurs contributions via Facebook pour l’achat d’un produit Pixmania.
Quel rôle joue internet, dans votre domaine d’expertise pour accélérer l’internationalisation?
PKH : Internet permet de multiplier par dix ce qu’on pouvait faire sans. Nous utilisons les réseaux sociaux pro comme LinkedIn et Viadéo pour rentrer en contact avec les bonnes personnes sans se déplacer, faire de la prospection pour l’étude de marché. Par la suite un déplacement dans le pays s’imposera tout de même.
Racontez-nous votre plus gros succès d’internationalisation.
PKH : Notre plus gros succès d’internationalisation est notre manière de gérer l’Europe. Au départ nous vendions 20% en dehors de la France et maintenant nous réalisons 60% de notre chiffre d’affaires en Europe. Pixmania est une entreprise très cosmopolite où toutes les langues européennes sont parlées.
Racontez-nous votre plus grosse déception d’internationalisation.
PKH : L’implantation en Allemagne : c’est un marché très tendu avec beaucoup de concurrence ; c’est aussi le marché du discount. Nous vendons des produits où l’on fait très peu de marge et comme le marché est saturé, plutôt que de chercher à développer l’Allemagne, nous préférons envisager d’autres marchés.
Quelles sont les prochaines étapes d’internationalisation pour
Pixmania ?
PKH : Le cap supérieur serait d’acheter localement des produits différenciés par langue tels que les claviers d’ordinateurs. Nous avons maintenant une centrale d’achat en Europe de l’Est et nous commençons à développer l’achat local en Europe de l’EST aussi.
Au niveau des choix des pays pour une implantation future, la logique voudrait que ce soit la Russie ou le Brésil de part leur taille de marché. Par contre ça demande de gros investissements. Un rachat est souvent le plus simple. Pour le Brésil, c’est un autre continent, ce qui veut dire installer un système de logistique et organiser les achats. La Russie, pourrait éventuellement être traitée de notre siège secondaire en République Tchèque.
Merci PingKi pour Cette interview.
Christel Capéran